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Femmes dans la Finance : Une anti-sélection dès les écoles de commerce ?NewsDossier

Publié le 05-06-2012 | Marché de l'emploi

Présenté par notre partenaire

par Céline Van Steenbrugghe - Directrice Marketing et Communication, Oddo & Cie.

Je me suis demandé si la sous-représentation des femmes cadres dans le secteur de la Finance pouvait être une conséquence des choix de spécialisation des étudiants en école de commerce.

Pour en avoir le cœur net, j’ai appelé une grande école de commerce française et je leur ai demandé la répartition des élèves dans les différentes spécialisations de dernière année.

Les résultats sur les sept dernières années semblent confirmer ce point.

Alors que les principales spécialisations proposées sont en moyenne composées de 50% de filles et 50% de garçons (répartition équivalente à la répartition filles/garçons de cette école de commerce, en moyenne sur les 7 dernières années), deux grandes spécialisations sont disproportionnées en matière de répartition filles/garçons : la spécialisation Marketing et la spécialisation Finance. De 2005 à 2012, en moyenne, la première compte 57% de filles, pour 43% de garçons, et la seconde, 31% de filles, pour 69% de garçons.

On constate d’ailleurs que la spécialisation Finance est celle où le déséquilibre femmes/hommes est le plus fort parmi les principales spécialisations de cette grande école.

Culturellement cela semble presque une évidence : les filles ont plus d’affinités avec les métiers du Marketing qu’avec les métiers de la Finance. On est en plein stéréotype ! Est-ce le résultat d’une réelle différence de centres d’intérêts femmes/hommes, ou d’une auto-censure qui perdure ensuite dans les carrières des femmes ? Les femmes ont sans doute plus de mal à se projeter dans un secteur où elles trouvent peu de modèles féminins.

Difficile de trancher bien sûr. On peut admettre que les filles s’intéressent moins spontanément à la Finance, et ce d’autant plus que l’éducation des garçons et des filles reste assez différenciée avec des habitudes culturelles enracinées depuis des générations.

Pour rééquilibrer offre et demande, pour que l’on ne puisse pas dire qu’il n’y a pas assez de femmes cadres dans la finance car il n’y a pas assez de candidates, il faut inciter les étudiantes à choisir plus spontanément la finance, et ce, dès les écoles de commerce (et surement même avant), en mettant en avant des carrières de femmes par exemple.

En toute honnêteté, je dois reconnaître que j’avais choisi une spécialisation Marketing, avant de me rendre compte, grâce à un professeur d’école de commerce d’ailleurs, que le secteur de la Finance présentait de belles opportunités de carrière. Faire du Marketing et de la Communication dans le secteur de la Finance, cela peut être une façon comme une autre de réconcilier les femmes et la finance lorsque le besoin s’en fait sentir et il semble que cela soit le cas !

En conclusion, il y a bien une anti-sélection dès les écoles de commerce, qui déséquilibre les proportions femmes/hommes dans les métiers de la finance. Cette anti-sélection résulte d’une part d’une éducation et de stéréotypes culturels qui changeront lentement, génération après génération. D’autre part, les étudiantes ont besoin de penser qu’elles seront accueillies et à leur place dans un secteur où les modèles féminins sont encore rares. Les femmes de la finance ont un rôle à jouer pour aider les générations à venir à se reconnaître dans ce secteur.

Aux dernières nouvelles cela dit, il semble que les spécialisations Finance aient moins le vent en poupe cette année… Nous avons du travail devant nous pour redorer l’image du secteur auprès des jeunes générations, tous genres confondus !

 

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