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Alexis G., 27 ans, spécialiste en régulation bancaire - Deutsche BankNews

Publié le 02-04-2012 | Fonctions Centrales & Risques - Marché de l'emploi

«Il faut dépasser les limites des formes classiques de management»

Alexis Gauvin a gardé un souvenir très net de la visite à HEC, son école entre 2004 et 2008,  du Pdg de Danone, Franck Riboud. Le patron du groupe alimentaire était venu à Jouy en Josas  évoquer son partenariat avec Grameen bank, la banque de micro-crédit, et avait livré à cette occasion une image différente du monde des affaires dans un pays du sud, expliquant comment et pourquoi son groupe avait fait construire des usines de yaourt au Bangladesh. «Le but de ce projet n'était pas seulement la recherche de profit et la pérennité, mais aussi la prise en compte des spécificités de la société locale notamment en termes de prix, nécessairement abordables,  de distribution et de lutte contre la malnutrition », se souvient Alexis Gauvin, aujourd'hui âgé de 27 ans. Cette rencontre a donné tout son sens  au choix alors peu banal de la majeure «Alternative Management» comme spécialité de fin d'études durant les derniers mois de sa scolarité. Cette filière, que propose HEC à ses étudiants depuis 2006, est née de «la prise de conscience des limites des formes classiques de management et de la nécessité de les dépasser», explique Alexis Gauvin : l'impact environnemental des décisions managériales, le « plafond de verre » sociologique auxquels se heurtent certains salariés dans les entreprises et sur lequel Alexis Gauvin a réalisé  une recherche de terrain avec l'aide de la Maif.

Son diplôme en poche, Alexis Gauvin, n'a pas persévéré dans la voie du management alternatif. Il a fait le choix de la finance et du dépaysement  en acceptant un poste de spécialiste en régulation bancaire (Accords de Bale) au département Finance de la Deutsche Bank à Londres où il a intégré une « équipe en charge de conseil interne en matière de régulation bancaire», dit-il.   « Je viens d'une famille très ouverte sur l'étranger.  J'ai vécu en Autriche pendant 6 ans quand j'étais enfant», dit-il, ajoutant que «la banque est une institution internationale et la finance  un métier technique, offrant une dimension intellectuelle  voire académique».

Son job quotidien ? « Je m'assure que toutes les règles imposées par la loi bancaire sont bien prises en compte par notre établissement lors des opérations structurées de financement ou de trading», poursuit-il. L'un des aspects clé de ses activités consiste à vérifier le mode de calcul du niveau de capital requis face aux engagements effectués par la banque. Une fois ces vérifications faites, « je reporte les conclusions de l'analyse aux différentes parties prenantes: les équipes internes bien sûr, mais aussi in fine au régulateur allemand auquel sont transmis les chiffres », souligne Alexis Gauvin.

L'équipe dont il fait partie a aussi un rôle pédagogique: «en tant qu'équipe advisory, nous sommes en charge d'expliquer la façon dont la régulation doit s'appliquer aux différents produits utilisés, via le calcul des actifs pondérés du risque», détaille l'ancien élève du Lycée Hoche de Versailles où il a suivi ses années de prépa après son bac obtenu en 2002. A charge pour l'équipe d'attribuer une valeur au risque que la banque prend lorsqu'elle effectue une opération, en conformité avec les règles bancaires.
 
La qualité de la signature de la contrepartie, la probabilité qu'elle fasse défaut,  la maturité de la dette, le montant que la banque pourrait récupérer en cas de défaut sont parmi les principaux critères retenus par la régulation pour évaluer le risque attaché à une créance,  résume Alexis Gauvin.  «Chacune de ces données est quantifiée et aboutit à une évaluation du risque et, en bout de chaine, au calcul a l'échelle de la banque du ratio capital sur actifs pondérés des risques», dit-il. «Mon équipe se situe plus dans une perspective de respect réglementaire et d'évaluation du coût en capital des opérations que de décision», explique Alexis Gauvin.  
 
Pour décrocher son poste, Alexis Gauvin a suivi une formation interne au sein du département Finance de Deutsche Bank à la sortie de HEC. Son objectif? Obtenir son diplôme d'expert comptable qu'il a commencé à préparer en juin 2010 avec le sponsoring de la banque comme partie intégrante de sa formation. «Le programme de formation interne de la banque devait durer 2 ans et demi. J'ai fini  en septembre 2011 avant d'être recruté comme permanent», détaille t-il.
 
Aujourd'hui la majeure  « alternative management» parait bien loin. Mais « je reste sensibilisé à ces problématiques», argue t-il. Il a participé à «un programme de la Deutsche bank d'aide au recrutement de jeunes défavorisés vivant dans les environs de Londres ». La banque leur offre des stages puis propose à certains une formation avec à la clé un possible job permanent.

 

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